Fils
d'un violoniste d’origine juive et russe, Serge Tannenbaum,
et de Marcelle Houry, journaliste critique d'art à Paris-Soir,
il mène une scolarité sans histoire au lycée
Janson-de-Sailly à Paris. À 17 ans, il suit les cours
de René Simon, puis il entre au Conservatoire en 1938, aux
côtés de Bernard Blier et François Périer,
dans la classe de Mme Dussane. Pensionnaire de la Comédie-Française
en 1939, il obtient son premier rôle que lui confie Edouard
Bourdet dans Britannicus. En 1940, il fuit la France avec sa compagne
comédienne, Jacqueline Roman, d'abord en zone libre, puis à
Monaco et enfin à Genève afin d'échapper aux
mesures antijuives ayant cours en France occupée. En 1942,
il ne reconnaît pas sa fille unique : la réalisatrice
Danièle Thompson, pour lui éviter ce statut.
Après la Seconde Guerre mondiale, il revient en France et joue
au théâtre (notamment Les Vivants d'Henri Troyat, au
Vieux Colombier en 1945), et quelques seconds rôles au cinéma
(Antoine et Antoinette, de Jacques Becker, en 1948). Il boucle ses
fins de mois avec les toiles que lui remettait Raoul Dufy, un des
amis artistes de sa mère, qui l'avait initié à
l'art. On le verra aussi dans La Belle que voilà (1949) de
Jean-Paul Le Chanois, Le Passe-Muraille (où il reçoit
des claques de la part de Bourvil, « le meilleur homme qu'il
m'ait été donné de connaître », disait-il),
La Nuit est mon royaume (1951) de Georges Lacombe, La Fille du fleuve
(1954) de Mario Soldati, La Meilleure Part (1955) d'Yves Allégret
ou encore Le Dos au mur (1958) d'Édouard Molinaro.
Il passe définitivement à la réalisation en 1959
en tournant sa première comédie, La Main chaude. En
1961, avec Le Crime ne paie pas, co-écrit avec Jean-Charles
Tachella et Jean-Charles Pichon, il obtient son premier succès
en tant que réalisateur. Le film est inspiré d'une bande
dessinée de Paul Gordeaux, parue dans France Soir, et il réunit
Michèle Morgan, Edwige Feuillère, Danielle Darrieux
et Pierre Brasseur. Il enrôle également à cette
occasion Louis de Funès dont il pressent les talents comiques.
Trois ans plus tard, Le Corniaud, qui réunit Bourvil et De
Funès, rencontre un succès phénoménal
avec près de 10 millions de spectateurs. Gérard Oury
récidive en 1966 avec La Grande Vadrouille, une comédie
avec toujours Louis de Funès, en chef d'orchestre irascible,
et Bourvil, en naïf et tendre benêt. Avec 17 millions d'entrées,
il demeure le plus grand succès de film français au
cinéma et n'a été détrôné
au box-office que par un seul film américain, Titanic, de James
Cameron.
Il réalise ensuite Le Cerveau (1968), La Folie des grandeurs
(« Il est l'or... Il est huit or...! ») avec Louis de
Funès et Yves Montand (1971), Les Aventures de Rabbi Jacob
(1973), L'As des as (1982) avec Jean-Paul Belmondo, qui seront autant
de succès au box-office.
Gérard Oury réalise par la suite deux films avec Pierre
Richard, La Carapate (1978) et Le Coup du parapluie (1980), sans parvenir
à vraiment se renouveler. Les comédies qui suivent (La
Vengeance du serpent à plumes, Vanille fraise, La Soif de l'or)
seront des échecs relatifs, le genre de super-production comique
qu'il a initié subissant, en outre, la rude concurrence de
nouveaux venus tels que la troupe du Splendid.
En 1993, Gérard Oury signe sans plus de succès Fantôme
avec chauffeur, avec Philippe Noiret et Gérard Jugnot, puis
en 1999, un remake du Schpountz avec Smaïn dans le rôle-titre
tenu autrefois par Fernandel.
Depuis la fin des années 1950, Gérard Oury a vécu
en union libre avec l'actrice Michèle Morgan, rencontrée
lors du tournage du Miroir à deux faces. Il est le grand-père
de la psychologue Caroline Thompson et de Christopher Thompson.